Un Airbnb, c'est une location meublée de tourisme
Que vous louiez via Airbnb, Booking, Abritel ou en direct, dès lors que vous proposez un logement meublé à une clientèle de passage n'y élisant pas domicile (quelques nuits à quelques semaines), vous exercez une activité de location meublée de tourisme. Fiscalement, ces revenus relèvent — comme tout meublé — du statut LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) et de la catégorie des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), avec des règles spécifiques propres au caractère touristique de la location.
Le socle fiscal est le même que pour un LMNP loué à l'année (voir notre guide micro-BIC ou régime réel) : choix entre abattement forfaitaire et charges réelles + amortissement. Ce qui change pour un meublé de tourisme, ce sont les seuils et taux d'abattement du micro-BIC, différents selon que le bien est classé ou non, ainsi que des obligations déclaratives et locales supplémentaires (mairie, taxe de séjour).
Meublé de tourisme classé ou non classé : quelle différence ?
Le classement en meublé de tourisme (de 1 à 5 étoiles) est une démarche volontaire, réalisée par un organisme évaluateur accrédité par Atout France, qui visite le logement et l'évalue selon une grille de critères officielle (équipements, literie, accessibilité, sécurité…). Le classement est valable 5 ans et doit être renouvelé.
Pourquoi se faire classer ?
- Un logement classé peut, sous conditions et dans les limites fixées par la loi, bénéficier d'un abattement micro-BIC plus favorable qu'un logement non classé.
- Le classement rassure les voyageurs et peut justifier un tarif de nuitée plus élevé.
- Certaines communes appliquent des règles d'enregistrement ou de quota différentes pour les meublés classés.
La fiscalité des meublés de tourisme a été durcie par la loi du 19 novembre 2024 (dite « loi Le Meur »), qui a réduit les taux d'abattement et les plafonds de recettes du micro-BIC applicables aux locations de tourisme, classées comme non classées. Ces seuils sont susceptibles d'évoluer à nouveau à chaque loi de finances. Vérifiez impérativement les montants en vigueur sur impots.gouv.fr ou auprès d'un expert-comptable avant toute décision — les chiffres ci-dessous sont donnés à titre indicatif et pédagogique uniquement.
Micro-BIC : classé vs non classé
| Critère | Non classé | Classé (1 à 5 étoiles) |
|---|---|---|
| Abattement micro-BIC | Réduit depuis la loi Le Meur | Plus élevé, mais réduit également |
| Plafond de recettes micro-BIC | Nettement abaissé | Abaissé, mais reste supérieur au non classé |
| Démarche de classement | Aucune | Visite + grille de critères, valable 5 ans |
| Régime réel BIC | Disponible, mêmes règles qu'en LMNP classique | Disponible, mêmes règles qu'en LMNP classique |
| Idéal si… | Recettes modestes, pas de démarche de classement souhaitée | Recettes plus élevées, logement de standing, tarifs premium |
Dans les deux cas, si vos recettes dépassent le plafond du micro-BIC applicable, ou si vos charges réelles (intérêts d'emprunt, charges de copropriété, assurance, et surtout amortissement du bien et du mobilier) dépassent l'abattement forfaitaire, le régime réel BIC reste — comme pour un LMNP classique — souvent plus avantageux, en particulier si le bien est financé à crédit.
La taxe de séjour
Indépendamment de l'impôt sur le revenu, chaque nuitée est en principe soumise à la taxe de séjour, collectée auprès du voyageur et reversée à la commune. Dans la grande majorité des communes françaises, Airbnb et Booking collectent et reversent automatiquement cette taxe pour le compte de l'hôte lorsque la réservation transite par leur plateforme. Ce n'est toutefois pas systématique : certaines communes ou certains canaux de réservation (site personnel, réseaux sociaux) nécessitent que vous la collectiez et la déclariez vous-même.
Vérifiez sur le site de votre mairie ou de votre intercommunalité si la taxe de séjour est bien collectée automatiquement pour votre logement, et conservez une trace de vos numéros de déclaration (enregistrement en mairie, classement) — ils sont souvent obligatoires pour publier une annonce en toute légalité.
Un exemple concret
Sophie loue son T2 classé meublé de tourisme sur Airbnb toute l'année, pour un total de 18 000 € de recettes annuelles. Le bien a été acheté 160 000 € (dont environ 120 000 € amortissables sur 25 ans, soit environ 4 800 €/an) et financé à crédit (intérêts : 3 000 €/an la première année).
Au micro-BIC, en appliquant l'abattement applicable aux meublés de tourisme classés, son revenu imposable serait ramené à une fraction de ses recettes brutes. Au régime réel, en cumulant intérêts (3 000 €), charges diverses (1 500 €) et amortissement (4 800 €), soit 9 300 € de déductions, son revenu imposable tombe à 8 700 € — et continuera de baisser les années suivantes grâce à l'amortissement.
✅ Comme en LMNP classique, le régime réel devient souvent plus intéressant dès que le bien est financé à crédit — mais seul un calcul précis avec les seuils en vigueur permet de trancher pour votre situation.
Comment déclarer ses revenus Airbnb ?
- Micro-BIC : reportez vos recettes brutes sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, dans les cases dédiées aux meublés de tourisme (distinctes des cases pour la location meublée classique, et différenciées selon classé/non classé). L'abattement est calculé automatiquement.
- Régime réel : une déclaration de résultat (liasse 2031 et annexes) est à produire chaque année, comme pour tout LMNP au réel — voir notre guide sur la liasse 2031/2033.
- Cotisation foncière des entreprises (CFE) : votre activité de location meublée, y compris de tourisme, y est en principe soumise, sous réserve des exonérations existantes — vérifiez votre situation auprès de votre centre des impôts.
Au-delà de la fiscalité, de nombreuses communes imposent un enregistrement en mairie (avec numéro à afficher sur l'annonce) et parfois une autorisation de changement d'usage pour louer une résidence secondaire en meublé de tourisme. Ces règles, propres à chaque commune, sont indépendantes du régime fiscal choisi et doivent être vérifiées avant de démarrer votre activité.
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Questions fréquentes
Oui. Tout revenu tiré d'une location meublée de tourisme doit être déclaré aux impôts, quel que soit le montant, y compris pour quelques nuitées ponctuelles. Les plateformes comme Airbnb transmettent chaque année vos revenus à l'administration fiscale, qui peut les recouper avec votre déclaration.
Le classement (de 1 à 5 étoiles) est une démarche volontaire auprès d'un organisme accrédité par Atout France, qui évalue le logement selon une grille de critères (équipements, confort, accessibilité). Un bien classé peut bénéficier d'un abattement micro-BIC plus favorable qu'un bien non classé, dans des limites fixées par la loi et régulièrement révisées.
C'est le voyageur qui paie la taxe de séjour, mais c'est l'hôte (ou la plateforme si elle est habilitée à la collecter) qui la reverse à la commune. Airbnb et Booking collectent et reversent automatiquement la taxe de séjour dans la plupart des communes françaises, mais il reste de votre responsabilité de vérifier que c'est bien le cas pour votre logement.
Souvent oui, pour les mêmes raisons qu'en LMNP classique : le régime réel permet de déduire l'amortissement du bien et du mobilier, en plus des charges réelles, ce qui peut réduire fortement le revenu imposable par rapport à l'abattement forfaitaire du micro-BIC — en particulier si le bien est financé à crédit.
Dans de nombreuses communes, notamment les zones tendues et les grandes villes, la location meublée de tourisme d'une résidence secondaire est soumise à une autorisation de changement d'usage, et toute location de ce type doit faire l'objet d'un enregistrement en mairie (numéro de déclaration à afficher sur l'annonce). Ces règles varient fortement d'une commune à l'autre.
La location occasionnelle de la résidence principale (dans la limite de 120 jours par an) bénéficie de règles d'enregistrement allégées dans la plupart des communes, mais les revenus perçus restent imposables selon les mêmes règles BIC que toute location meublée de tourisme, avec les seuils et abattements du micro-BIC ou le choix du régime réel.